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08/04/2014

MEZE: RETOUR SUR LA SEMAINE DU DEVELOPPEMENT DURABLE: REFLEXIONS TRANSMISES PAR OLIVIER BOURGOIN

Réchauffement climatique, biodiversité... Quelle est la priorité?

 

Climat, biodiversité , mais aussi contamination chimique, destruction des habitats, dégradation des écosystème, accumulation des déchets: Chacun de ces désastre n'est qu'un volet de la crise écologique globale.

 

C'est l'ensemble de la crise qu'il faut penser, en sachant qu'elle est historique : jamais l'humanité n'a atteint avant notre génération les limites de la biosphère, et jamais elle ne l'aura autant abîmée.

 

 Quel est l'enjeu?

 

Je ne sais pas si l'espèce humaine va disparaître. En revanche, nous pourrions aller vers le chaos social, vers des sociétés autoritaires, vers des conditions de vie très malsaines, vers un environnement totalement dégradé. Ce qui est en jeu, au fond, c'est la dignité humaine, la liberté, la fraternité....( une existence authentiquement humaine)

 

 On ne parvient pas à changer de trajectoire malgré l'urgence. Pourquoi ?

 

Parce que la crise écologique est l'expression d'un système économique qui promeut le gaspillage et vise à maintenir les privilèges et les intérêts de l'oligarchie aujourd'hui dominante. Celle-ci est à la fois plus riche que jamais dans l'histoire récente, et irresponsable : elle surconsomme et ne se préoccupe pas vraiment de la situation, dont elle minore la gravité.

 

 En quoi l'approche de Veblen constitue-t-elle une clef pour comprendre ce qui se passe?

 

Veblen, économiste du 19éme siècle, expliquait que la consommation, une fois les besoins réels satisfaits, vise surtout à marquer le prestige,à manifester un statut supérieur par rapport à ses congénères, à se  distinguer. Ce qui est vrai entre individus l'est aussi entre classe, et tout groupe social tend à imiter les moeurs du groupe situé au-dessus de lui dans l'échelle sociale. La classe la plus riche fixe ainsi les normes du (savoir vivre). Quand elle définit la dilapidation comme la norme, elle présente un modèle culturel destructeur que toute la société cherche imiter.

 

 Face a l'urgence écologique, une société de sobriété s'impose. Comment l'entendez-vous ?

 

La crise écologique découle d'une pression trop forte sur la biosphère, d'un excès de consommation des ressources. Il faut réduire cette consommation matérielle, et le faire dans la justice à l'égard des plus pauvres: consommer moins pour répartir mieux. Les classes moyennes ne l'accepteront que si le modèle présenté par l'oligarchie est dissous, et si l'oligarchie voit décroître bien davantage sa propre consommation. Cela permettra un transfert de ressources vers des usage sociaux et écologiques. Plutôt qu'une société sobre, c'est une société désintoxiquée qui préfère se rencontrer pour faire la fête ou discuter que regarder la télévision et s'entasser dans les embouteillages et les super-marchés!

 Pouvons- nous être optimistes? Oui, parce que la situation est grave, nous savons ou nous voulons aller; une humanité en accord avec sa responsabilité historique, respectant les valeurs les plus nobles de son être, et inventant une relation harmonieuse avec son environnement.

Article de Hervé Kempf (ancien journaliste au Monde) transmis par Olivier Bourgoin

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